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Quelle sera votre prochaine méditation?

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Quelle sera votre prochaine méditation?

« J’en ai assez ! » a crié mon système digestif, avant de décider de se nettoyer par lui-même, mettant en action les grands moyens défensifs qu’il possède.

Était-ce un virus ? Un trop plein de nourriture ? La conséquence d’une mauvaise alimentation ? À moins que ce soit le résultat tangible de quelque chose qui se passe à un autre niveau, plus subtil… C’est sans doute un peu de tout cela. Quoi qu’il en soit, cette expérience m’a permis, dernièrement, de faire une prise de conscience, concernant non seulement ma nutrition, mais aussi l’ensemble de ce que j’impose à mon corps.

Quelle merveilleuse machine que ce corps !

Si nous prenions la peine d’écouter ses signaux, sans doute éviterions-nous bien des blessures et des souffrances.

Pour nous permettre d’être à l’écoute de nous-mêmes et de nos besoins réels, la philosophie bouddhiste nous impose de prendre conscience et d’éliminer « Avidya », qui représente le poison de l’ignorance et de la confusion.

La souffrance, qu’on appelle « Dhuka » dans la tradition bouddhiste,
serait engendrée par trois poisons qui empêchent l’être d’évoluer :

1— Avidya : l’ignorance et la confusion;

2— Raja : l’avidité, la passion et l’attachement;

3— Dvesa : l’aversion, la haine et la colère.

C’est Raja qui a particulièrement retenu mon attention à la suite de cet épisode.

Je me suis demandé comment Raja se manifestait dans mon quotidien. Comme une soif ou un appétit de posséder toujours plus ? Comme un besoin de satisfaire le moindre désir ? Qu’est-ce qui, en moi, a tant besoin d’accumuler les plaisirs, de s’attacher ? Cette passion qui prend toute la place, répond-elle à un besoin de me sentir exister, ou au contraire, de disparaître dans le grand tout?

Raja, l’avidité, nous y sommes tous confrontés. Qu’elle soit d’ordre matériel, relationnel, émotionnel, intellectuel ou même spirituel, l’avidité est souvent à l’œuvre, malgré nous.

Je pense à ces soupers entre amis autour d’un magnifique buffet alors qu’il devient quasi impossible de discerner notre faim réelle !

Qui d’entre nous ne s’est jamais vu acheter un objet dont il n’avait pas besoin, ou bien en acheter deux plutôt qu’un ? Les publicités savent si bien stimuler notre avidité, notre gourmandise.

Au niveau intellectuel également, je retrouve partout cette insatiable recherche de connaissances et de savoir, soit dans les livres ou dans les formations. Elle est tellement présente de nos jours, sous forme de quête spirituelle ou de développement personnel; le yoga en fait partie, bien sûr.

Et lorsque nos besoins ne sont pas comblés, comment est notre humeur et quels sont nos comportements ? Comment réagissons-nous devant un refus ? Se peut-il que je n’écoute pas la douleur durant ma pratique de yoga ? Est-ce que je laisse « Dvesa », la colère, le déni ou la haine avoir une emprise sur moi ?

Patanjali Y.S. 2-3 parle des 5 « Kleshas », afflictions, douleur ou détresse qui perturbent l’équilibre de la conscience (Avidya-Asmita-Raja-Dvesa-Abhinivesah).

Mais sommes-nous réellement capables de les éliminer complètement de nos comportements ?

Sincèrement je pense que c’est impossible. Toutefois, grâce au développement de la pleine conscience au quotidien, nous pouvons capter certains signaux et éviter des malaises ou des souffrances potentiels.

Avec bienveillance, équanimité, compassion et joie : observons-nous dans nos besoins, nos attachements, nos gourmandises, nos passions, notre quête spirituelle; et permettons-nous de créer l’espace nécessaire afin de faire les bons choix. 

Il est question de se choisir, d’être réellement qui nous voulons être dans nos pensées, nos paroles, nos actions et oui, en passant par soi-même, méditons sur les « Quatre Incommensurables ».

Grâce à cette pratique méditative, nous pouvons influencer le milieu qui nous entoure; et ainsi, agir sur la conscience collective de toute l’humanité!

Alors, quelle sera votre prochaine méditation?

Namasté!