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Trouver le doux inconfort…

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Trouver le doux inconfort…

Je m’installe sur mon tapis, je prends quelques grandes respirations et voilà. Je me dépose. Dans le calme et l’intériorité, je m’apprête à découvrir ce que la pratique aura à me proposer aujourd’hui.

Certaines sensations se manifestent ici et là dans mon corps. Je les ressens, je les écoute, je respire.

Trois OM m’aideront à mieux me connecter avec ce ressenti, avec l’infini, ma spiritualité.

Bien sûr, j’ai une intention de départ, une belle séquence est déjà préétablie. Ma pensée veut décider. Elle veut prendre le contrôle… je respire de nouveau et je débute ma pratique.

Ouf, ça tire un peu ici, je respire et voilà que se crée un peu plus d’espace. Je me sens bien. C’est exactement ce qu’il me faut aujourd’hui !

La pratique se poursuit…

Tiens, j’observe que mes mâchoires se crispent, alors que je manque de force dans mes jambes ! Puis, quelques tremblements nouveaux apparaissent. Cela doit être dû à cette nouvelle posture que j’expérimente…

Mon égo (Ahamkara) se manifeste. Je VEUX faire cette posture. Absolument. Il est écrit que c’est bon pour calmer mon système nerveux et j’en suis convaincu. Il FAUT que je réussisse cette posture !

Hum… Je respire difficilement. Mon corps se met à trembler de plus en plus. J’ai chaud. J’ai le goût de sortir de la posture, mais je respire de nouveau. Je me répète que c’est bon pour mon système nerveux et en plus mon professeur me l’a dit, cette posture est excellente pour ma santé…

OK, je respire.

Inspiration, expiration, enfin mon corps se calme. Mon mental se concentre, je me sens mieux, je ressens cette agréable sensation d’espace dans mon corps.

Je crois maintenant que je vais y arriver, alors je persiste. Mon corps chauffe, ou plutôt non, il brûle ! Je respire, non, je suis en hyperventilation ! Ouf, ouf, je sens que je vais trop loin.

Dois-je continuer ou sortir de la posture ? Je suis seule et je ne sais pas vraiment reconnaître si je suis dans ce juste effort (Sthira – Sukham), ce doux inconfort qui apporte une magnifique transformation de tout mon être.

Je me reconnecte avec mon ressenti et, oui, je me rappelle… Seul mon souffle est mon Guide et seul mon corps est mon Maître. Il est temps de sortir ! Je dois revenir vers cette tranquillité du souffle, du corps et du mental.

Tant pis pour la posture finale ! J’ai fait de mon mieux, ce sera exactement cela pour aujourd’hui, j’essaierai de nouveau demain, ce sera un autre jour.

Encore quelques postures, pour retrouver cette neutralité, et je m’installe finalement dans le Savasana.

Tous mes sens sont à l’affut, j’observe. Que m’a appris la pratique d’aujourd’hui ?

Ahimsa, la non-violence, le respect. Maitri, la bienveillance.

 

Et vous, comment se déroule votre pratique personnelle ?

Voici quelques signes qui vous indiqueront que vous devez soit sortir de la posture, l’ajuster ou choisir une autre option de pratique.

  • Respiration irrégulière, coupée, hyperventilation. La respiration doit être fluide et être faite par le nez autant que possible.
  • Soupirs à n’en plus finir, tout le monde vous entend souffler, souffrir. Soyez attentifs, le ressenti doit passer par vous, car il s’expérimente de l’intérieur.
  • Grimace, votre visage ne peut s’empêcher d’exprimer la douleur. Pratiquez la détente des sens organiques : yeux, nez, mâchoires, oreilles, peau.
  • Sensation de brûlure. Seules les sensations de chaleur sont acceptables.
  • Pincement, on ne veut pas cela. C’est une indication que le système nerveux est affecté.
  • Crampes dans les muscles. L’acide lactique est une toxine, il ne faut pas se rendre à cette commande du corps.
  • Engourdissement ou tremblement extrême jusqu’aux os. Il faut sortir immédiatement.
  • Claquage, il est trop tard !
  • Courbatures, on est raqué pendant plus de trois jours et cela nous empêche de faire nos activités quotidiennes,,, Outch ! Pourquoi se rendre jusque là ? Il est temps de réévaluer l’intensité, la durée et la fréquence de nos pratiques.
  • Mental agité et discours intérieurs négatifs.. Soyez plutôt attentifs à vivre votre pratique dans la conscience et la curiosité du moment.

Dans tous les cas, si vous n’entendez plus les consignes, les directives du professeur, si vous n’avez plus de plaisir, si votre pratique est devenue une corvée, que vous vous comparez, que vous êtes en compétition, ou bien que vous sentez que vous en connaissez plus et que vous portez des jugements, alors le moment est venu de vous questionner.

  • Êtes-vous dans le bon groupe, dans le bon niveau ou dans le bon style de yoga ?
  • Êtes-vous encore avec le bon professeur ? Celui qui vous aidera dans ce processus de transformation ?

Évaluez de 1 à 10 votre sensation d’effort, d’étirement, de douleur…

  • 1à 4 = Facile. Je ne sens pas grand-chose, aucune transformation, stagnation.
  • 5 à 7 = Parfait. Je ressens quelque chose, un léger inconfort, une transformation dans le juste effort.
  • 8 à 10 = Difficile. Les signes sont clairs, c’est une alarme qui sonne je ne suis vraiment pas bien, je dois sortir immédiatement, ajuster, changer ou cesser la pratique !

Namasté !